Les rencontres de l'habitat alternatif

C'est sous un grand ciel de printemps au soleil hésitant que nous avons enfourché nos vélos intéressés de découvrir si les habitants de tinyhouse et autres habitats "hors normes" allaient pouvoir avoir de beaux jours devant eux.

Cycle de conférences à la ferme du Biereau

C'est dans le quartier de "la baraque", près de Louvain-la-Neuve, que la ferme du Biereau accueillait sous sa vétuste charpente les dernières avancées en la matière.


Il en ressort qu'une reconnaissance et une définition de l'habitat alternatif sont en train d'être mis à jour auprès de l'administration belge. L'habitat léger est décrit de la manière suivante : c'est une forme de logement qui satisfait à au moins trois des caractéristiques suivantes : démontable, déplaçable, d'un volume réduit, d'un faible poids, ayant une emprise au sol limitée, auto-construite, sans étage, sans fondation, qui n'est pas raccordée aux impétrants. Cette définition, longuement travaillée, permet d'inclure dans cette catégorie, autant une péniche qu'une yourte ou une maison en terre.


Néanmoins, si les réglementations légitimisent ce type d'habitat, les règlements urbanistiques restent, quant à eux, peu accueillants et l'acceptation d'un dossier dépend encore de la commune où il est déposé. Une étude juridique a été entièrement dédiée à ce sujet, vous trouverez le rapport résumé dans la brochure de l’événement ou encore le rapport complet sur le site rbdl.be.


Ensuite, nous avons pu visiter le quartier de "la baraque" où vivent des centaines de personnes prônant une réappropriation du temps et de l'espace dans un mode de vie communautaire.

Lors de l'installation de l'Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, en 1972, le quartier de La Baraque, seul hameau existant sur le site d'implantation de l'université, était destiné à la démolition. Quelques habitants, résistant à la pression de l'université, refusèrent l'expropriation. Ne voulant pas quitter leurs maisons ils s’opposèrent à la politique d'urbanisation de la ville qui prévoyait de tout démolir et de bâtir du neuf.


Autour d'eux s'est constitué un groupe de personnes, au départ principalement des étudiants en architecture, désireuses de construire un habitat alternatif et attirées par un mode de vie communautaire dans la mouvance post-soixante-huitarde libertaire.


C'est ainsi que sont apparues les premières "habitations". Il s’agissait d'anciennes roulottes foraines, de bus, de caravanes, de cabanes en matériaux de récupération, parpaings de béton, bois, verre, Eternit, terre, paille et de géode. Ces habitats insolites, après avoir été vaguement tolérés, furent finalement autorisés et le quartier de la Baraque bénéficia d'un statut spécial : celui de "zone d'habitat expérimental", ce qui lui permit d'échapper à certaines règles d'urbanisme.


Depuis l'arrivée de l'université la population du quartier a évolué. D'abord majoritairement étudiante, elle s'est peu à peu diversifiée. Le quartier compte, outre la maison de quartier : un atelier protégé, un groupe d'artisans, deux crèches, une maison franciscaine, un atelier de restauration de meubles anciens, un magasin bio... de nombreux potagers et serres individuelles.

Il compte de nombreux artistes : musiciens, sculpteurs, chanteurs, photographes, peintres, réalisateurs, etc. mais aussi des plombiers, éducateurs, enseignants, thérapeutes, ...


En dehors des serres individuelles, le quartier possède également un jardin potager collectif dans lequel sont cultivés des légumes, des fruits et des fleurs. Mis à part cet aspect agricole, les habitants du quartier pratiquent aussi un élevage de proximité: des moutons, des chèvres et des poules fournissent du lait, des œufs et de la viande.


Les habitations, souvent auto-construites, fourmillent de réalisations originales faisant une bonne place aux techniques propres à ce que l'on appelle aujourd'hui le développement durable. Les premiers habitants ont été en ce sens des précurseurs.


Les objectifs initiaux qui guidèrent le développement de ce quartier sont :

- L'auto-construction

- La réappropriation du temps et de l'espace

- La vie communautaire,Le faible coût de fonctionnement

- La gestion collective.


Les habitants du quartier de La Baraque se dénomment eux-mêmes "baraquis", non sans une note de dérision et pour railler l'étroitesse d'esprit de ceux qui désignent généralement en Belgique par ce vocable une population de démunis aussi bien en termes de savoir que de richesse.



Sources texte : Réseau brabançon pour le droit au logement et Wikipédia.

Photos : Matière en main.